Voyage dans le désert (partie 2)
Les gens sont généralement très aimables et content de me donner un coup de main. En tant qu’étranglé, je me fais toujours regarder un peu de temps en temps, même à Beijing mais là dans les petites villes, ça tourne presque à la farce. Des fois, on me regarde comme si je descendais d’un OVNI alors je m’assure que ça tourne à la farce. Je leur fait d’énormes sourires exagérés et « bye-bye » de la main ce qui ne manque pas de les faire rire. C’est tout particulièrement le cas des jeunes chinoises qui sont de nature très timide. Le moindre petit regard coquin et les voilas en éclat de rire, les mains au visage essayant en vain de cacher leur gêne. C’est hilarant! Parfois, l’une, un peu plus dégourdi que les autres, essaye de convaincre ses amis d’
aller parler avec l’étranger. Alors il n’est pas rare que certains(es) viennent me demander d’où je viens, qu’est-ce que je fais, etc. … Voyager tout seul comme ça m’aide beaucoup à pratiquer et apprendre un peu de Mandarin. En temps normal, je me fit
trop souvent sur mes amis qui parlent mieux que moi pour tout gérer mais là, c’est à mon tour et c’est très bien ainsi.En fait, je ne suis pas tout-à-fait seul. En voyageant, on rencontre toujours des compagnons de route. Pour le moment je suis en compagnie de Raymond, un Chinois qui est atterris chez la famille de fermier quelques jou
rs auparavant. Ensemble, on passe une journée complète dans la petite ville de Zhangye à attendre le train en direction de Dunhuang. Un coup arrivé à destination, mon comparse Chinois est beaucoup plus pressé et stressé que moi d’aller visiter. Alors je le laisse partir pendant que je m’installe à l’auberge de jeunesse pour une session intense d’internet. À peine une semaine sans internet et j’en ai presque les mains qui trembles. Bon j’exagère peut-être un peu mais j’ai
quand même un manque certain d’email, chattage, facebookage, bref de connexion, à combler. Je m’y affaire donc pendant quelque heures dans une belle cours intérieur bien décoré style chinois de cette merveilleuse auberge de jeunesse située au littéralement aux pieds d’immenses dunes de sable. Elles sont parmi les plus hautes en Chine si ce n’est du monde. J’ai atteint ma destination et c’est très impressionnant.Plus tard dans la journée, je parts explorer la belle petite ville de Dunhuang. Les gens sont gentils et surtout moins dérangés par le fait de se faire prendre en photos que les Pékinois. J’en profite donc amplement. Vers la fin de la journée, il me prend un envi de manger des ailes de poulets épicée
s accompagnées d’une bonne bière froide sur une terrasse. Je trouve tout ça sur une belle petite rue à caractère touristique. L’ambiance et les propriétaires sont charmants et je m’installe donc confortablement sous les regards amusés des gens autour. Je mange avec appétit jusqu’à ce que je m’informe du prix. Normalement, ce genre de repas ne vaut pas la peine de demander comment ca coûte tellement que ce n’est pas chère. Je fais le saut quand je réalise que c’est 2 à 3 fois le prix auquel je m’attendais. Ce n’est pas encore tant que ça mais juste par principe… Je me rappel de tâcher d’apprécier mes dernières bouché en me disant d’attendre, de prendre ton temps et de voir ce qu’il allait bien ce passer.
Pendant que je sirote ma deuxième, et ce qui ‘enligne pour être ma dernière, grosse bières devant une grande table vide, quand un groupe de 5-6 chinois arrivent l’air de se demander où s’assoir. Me sentant d’humeur sociale, je les invites à prendre place à ma table mais ils décident d’opter pour l’intérieur du restaurant. Quelques minutes plus tard, l’un deux ressort et s’assoies avec moi. On essaye de jaser un peu et quand je lui demande quel est sont travail, il m’amène voir sont véhicule, un SUV de police. Il m’invite ensuite joindre sa table avec ses amis, deux autres hommes et une femme. Celui à mes coté peu dire quelq
ues très rares mots d’Anglais alors on jase un peu et l’autre ne cesse de nous faire boire de la bière. Ils se servent de petits verres qu’ils boivent cul-sec en disant « Gan bei! » l’équivalent de « Chin Chin! » Les bières ainsi que les brochettes d’ailes de poulet arrivent à flot et sans relâche. Nous sommes tous un peu pompette et mon voisin à peine à contenir ses émotions alors qu’il me raconte, étant un Canadien, à quel point tous les Chinois, sans exception, connaissent et louangent le Dr. Bethune (cliquez pour plus de détails). L’homme policier, se tient un peu plus à l’écart mais essayer quand même de m’extirper les vers du nez en me demandant où je reste, mon numéro de téléphone. Je reste très très vague ce qui n’est pas très difficile à fair
e étant donné mon niveau de Mandarin. Des fois, c’est mieux de ne pas comprendre… On m’explique que c’est, ce qu’ils appellent, le « Ge ge » (frère) ou « Da ge » (Grand Frère) de la place. D’après ce que j’ai entendu depuis que je suis en Chine, ce genre de personnages, plus sauvent qu’autrement des Officielles du Gouvernement ou des Policiers, qui débarquent avec leur cours d’amis en roi et maître dans l’attendre de se faire recevoir gratuitement sont encore choses courantes. Dans l’ouest on appellerait ça de la corruption mais ici, il semble que ce soit chose presque normal. Ce n’est qu’une question de s’assurer que tout tourne bien et dans le bon sens, avoir des de bonne relation avec des gens d’influences pour attirer les faveurs et éviter les ennuis… Ils appellent
ça, avoir du Guanxi et c’est d’une importance capitale quand vient le temps de faire des affaire en Chine. Normalement je trouverais ça totalement inacceptable mais là, c’est j’en bénéficie aussi puisque faisant maintenant partir du groupe d’ami du « Dage » ma facture y passe aussi, donc tout est gratuit. Je finis donc la soirée de très bonne humeur à déambuler un peu croche dans les rues de Dunhuang.De toute évidence, la vile capitalise sur le tourisme. Ça se reflète clairement dans les prix. Encore une chance que je suis encore pendant la saison basse puis que quelques semaines plus tard et beaucoup de prix auront augmentés et certain même doublés. Il y a même une entrée payant pour le désert. Il faut dire qu’il y a
aussi un genre de petit temple bordé d’une oasis a moitié asséchée. Je trouve ça un peu fort, surtout
que tout ce que je veux vraiment voir, c’est les désert et ce temple ne m’intéresse guère. J’entreprends donc d’aller me promener dans les dunes mais au-delà de la zone clôturée. Grimper une dune de sable n’est pas chose compliqué mais certainement pas de tout repos non plus. Tu fais 3 pas et tu en recules 2… Néanmoins, je suis bien content de pouvoir y être. Rendu
au sommet, je peux même apercevoir au loin le fameux petit temple que je ne suis pas supposé voir sans payer. Le vent souffle le sable de plus en plus fort et le soleil couchant disparait peu à peu.Sur le chemin du retour Je croise plusieurs fermiers à motos suivit de près d’une caravane de chameaux. Ils rentrent chez eux après une journée de travail dans le lieu tourist
ique. J’arrête chez des fermiers pour prendre des photos et commencer à négocier un petit tour de camping en chameau dans le désert. L’auberge offre ce tour mais encore là, c’est un peu cher. On laisse ça comme ca espérant que la température et surtout la visibilité dans les jours qui suivent sera plus propice à un beau couché de soleil.
L’auberge de jeunesse, bien que dès plus charmante, reste plutôt vide pour les premiers jours et jusqu'à temps que trois autres voyageurs : un Français, un Allemand, et un Colombien se pointent à leur tour. Ensemble, on va payer une visite aux fameuses Grottes de Moguao (cliquez pour plus de détails). L’entrée n’est pas donné et notre guide plutôt ordinaire. Passons…
Maintenant que nous sommes quatre, on a un peu plus de poids pour négocier pour un meilleur prix avec le fermier propriétaire de chameaux. Ce n’est pas facile mais on fini par s’entendre et tout le monde est comptant. Les premiers mome
nts en chameau font une certaine impression, ce sont quand même de gros animaux et quand ils s’effarouchent, faut se tenir comme il faut… Tellement qu’après un petit bout, deux d’entre nous (les 2 Européens pour ne pas les nommer… ;-) décident sans regret de faire le reste du chemin à pied. On n’a pas le temps de se rendre très loin puis que l’on éprouve plusieurs petits pépins. Le VVT (4 roue) supposément brise avant même d’être sorti du village et un des chameaux ne se sent pas trop dans un étant d’âme axé sur la coopération. Il le fait d’ailleurs clairement savoir à notre guide en lui régurgitant dessus une bonne partit de son dernier repas. Malgré tout, l’expérience en vaut la peine, en fin peut-être pas pour le guide mais bon…, c’est le fun. Après un souper très lé
ger composé de noix et de biscuit achetés à la dernière minute, on part grimper une dune en pleine noirceur. Nu pied dans le sable fin, le vent chaud souffle sur le sable fin, c’est le nirvana…Le lendemain, après une courte balade en chameau pour retourner à la fe
rme et payer nos dus, on part pour la ville. C’est notre dernière journée à Dunhuang. On est tous organisés pour partir que plusieurs heures plus tard alors entre temps, je décide d’aller à la billetterie de train pour voir si je peux partir plutôt. Au comptoir, ce trouve des hommes Chinois tous amassés devant la fenêtre pour acheter des billets. Ce sont en fait des agents de billet de train et n’ont rien à branler de faire la file. Ils me laissent néanmoins poser mes questions à la
fille et m’aident même à organiser tout ça. On jase, on fait des jokes et on devient ami peu à peu. Tellement que le celui à l’air le plus mafieux d’entre eux veut m’amener visiter le bordel de la place. Je refuse poliment crampé de rire.
Un coup que tout est arrangé, je parts retrouver les autres dans un café où l’on passe le plus clair de la journée à attendre le grand départ. Pendant ce temps, une énorme tempête de sable comme je n’en ai encore jamais vu, s’abats sur la ville. On peut à peine voir 30 ou 40 mètres en face de soit. La tempête est dense et intense. Apparemment, cette ville de désert ne voit que des tempêtes de cette magnitude que 3 ou 4 fois par année.
Je dois partager un taxi pour me rendre dans une petite ville voisine pour prendre mon train de retour vers Beijing. Là aussi, la visibilité est part moment pratiquement nulle et ça me rappelle les grosse tempêtes de neige de chez moi. Après quelques heures passées dans un hôtel bas de gamme, j’embarque enfin dans mon train pour un dernier bout de chemin. Le trajet est long et sans événement.
« Home Sweet Home » à Beijing mais pas longtemps…






































