mercredi 17 juin 2009

Voyage dans le désert (partie 1)



J’ai toujours eu un certain attrait pour les déserts sans trop savoir pourquoi. Le désert de Gobi, l’un des plus grand du monde, se trouve en partie en Chine. En fait le nord de la Chine est très sec et à plusieurs endroits, totalement désertique. Ayant une fois de plus le temps et l’envie de me promener, je décide de partir à l’aventure une fois de plus et comme il se doit, sans trop de planification. Tout ce que je sais c’est que j’ai envie de voir de grosses dunes de sable et à ce qu’on m’a dit, les plus grosses dunes de sable se trouvent à Dunhuang. Je dois d’abord prendre un train jusqu’à Jiayuguan pour ensuite faire un transfert de train. Alors quelques jours avant de partir, je passe par la Gare Centrale de Beijing pour m’acheter un billet. Le grand départ vers l’inconnu est fixé pour dimanche midi.



Le train est probablement la façon la plus agréable et relativement bon marché de voyager en Chine, surtout quand on peut avoir un lit. Un coup installé, je fais graduellement connaissance avec mes 5 autres compagnons de cabine. Tous Chinois bien sûr, 2 couples ainsi qu’un autre homme seul qui s’éclipse rapidement vers nos voisin pour jouer aux cartes et boire de l’alcool forte (54%) appelé «Baijio» C’est carrément imbuvable mais les Chinois (surtout hommes) semblent en être friands. C’est du moins un certain rite de passage et un incontournable pour les hommes d’affaires. Pour faire des affaires en Chine il faut être capable de boire du Baijio en grande quantité et ne jamais, au grand jamais refuser une cigarette.



De notre côté, on me pose les questions habituelles : De quel pays je viens? Combien ça fait de temps que je suis ici? Qu’est-ce que je fais ici? Est-ce que j’aime la Chine? etc… Par chance, l’un d’eux baragouine quelques mots d’anglais, à peine plus que moi en Chinois, ce qui n’est pas beaucoup. Mais en faisant un peu d’effort chacun de notre côté, on fini par se comprendre la plupart du temps.





C’est vraiment intéressant de regarder les paysages défiler. Ça fait du bien de voir des choses différentes que ce auquelles je suis habitué de voir à Beijing. Le contraste est simplement énorme. La Chine rurale est vraiment plus pauvre. Et même là, on y voit souvent des publicités pour des compagnies de cellulaire, l’équivalent de Bell ou Rogers, de peinturées sur des murs en terre battue. D’autres fois, ce sont de gros édifices modernes où de gigantesques monuments couronnés de statues chromées au milieu de la Chine rurale profonde. C’est à ce demander : mais qu’est-ce que ca peut bien faire là? Bref les contrastes et contradictions abondent partout et dans tous les sens.

Quelques 32 heures après mon départ, j’arrive enfin à Jiayuguan. Avec l’aide du voisin de cabine, je me dirige vers l’hôtel que m’avait recommandé mon ami Li Tao. À première vue, l’hôtel, ainsi que la ville elle-même me semblent être sans grand intérêt. Il est passé 9 heures du soir et je parts donc à la recherche d’une bonne bière froide. C’est au fond d’une ruelle noire, dans un genre de regroupement de tout petits comptoirs/restaurants extérieurs que je la trouve. Deux cuisiniers m’invitent à m’assoir avec eux pour jaser un peu, enfin du moins, on essaye. Après ma bière, je retourne vite fait retrouver ma très ordinaire chambre d’hôtel.

Le lendemain matin, alors que je suis à la cherche d’un déjeuner, je passe en face d’un magasin où l'on imprime des photos. Une belle grosse photo attire tout particulièrement mon attention. Ça ressemble un peu au Grand Canyon mais inversé, c'est-à-dire des montagnes rayées orangées. Alors je m’informe : Ce n’est pas très loin d’ici? Pas trop compliqué de s’y rendre? Il semble que non, alors je demande gentiment à la préposée derrière le comptoir de m’écrire la route à prendre sur un bout de papier. Bien que je n’y comprenne évidemment rien du tout, mais ce petit bout de papier devient néanmoins très important puisque c’est le seul indice que j’ai pour me rendre à cette nouvelle destination. Je retourne à l’hôtel ramasse mes petits et je marche jusqu’au terminal d'autobus. Je montre mon bout de papier et on me file un billet. Par chance mon bus est justement sur le point de partir. Quatre heures et demi plus tard on se trouve dans une petite ville perdue, j’ai aucune idée où je suis et on me fait signe de débarquer. Une dame souriante se trouve juste là alors je lui montre mon petit papier magique : je veux aller là! Elle m’amène gentiment quelques pas plus loin vers l’entrée d’une autre gare d’autobus où, une fois de plus, je montre ma petite note et on me file un deuxième ticket de bus. Cette fois-ci, elle est bondée de monde. Les paysages sont immenses, plats, et très désertiques. Les seules autres endroits où j’ai vu d’aussi grands horizons sont sur de grands étendus d’eau et dans les plaines canadiennes. Un ciel immense avec un horizon parfaitement plat. Le sol est souvent très rocailleux, on se croirait dans un autre monde. Au loin j’aperçois vaguement de hautes montagnes aux sommets enneigées. Nous sommes si petits et insignifiants dans notre autobus perdu au beau milieu d’une mer aride.

Cette fois-ci, c’est dans un petit village très rustique que l’on me demande de débarquer. Tous les regards se tournent vers moi, au fin fond de l’autobus, alors que je dois me faufiler à travers l’allée centrale pleine de monde. Il est environ 18h30 et il n’y à pas l’ombre d’un restaurant, encore moins d’un hôtel. Tout ce que je vois, c’est une pancarte avec une photo semblable à celle qui m’avait inspiré ce petit détour. Par chance, en me dirigeant vers la pancarte, un jeune homme me rejoint et m’invite à le suivre dans sa maison. C’est une maison avec cours intérieur typiquement chinoise et très invitante avec tous ses arbres en fleurs. Ce sont des fermiers qui font aussi office « d’auberge » de la place, et tout particulièrement pour les photographes avides de paysages spectaculaires à photographier. Ils ont pleins de belles photos sur tous les murs.

Le soleil commence justement à descendre, je lui demande si on peut aller voir ça de plus prêt. Alors on embarque tous les deux sur ca mobylette et on part vers les montagnes. Très vite, je réalise la chance que j’ai eu d’être tombé sur cette piste et d’avoir suivi le filon. Ça en valait vraiment le coup. C’est tout simplement splendide. Enfin je me trouve dans un endroit totalement naturel, à mille lieux de la pollution, du bruit, du rythme infernale des grandes villes comme Beijing. Me voilà enfin perdu dans les montagnes au beau milieu de nulle part et ça fait tellement de bien.

L’endroit est tellement charmant et les gens si accueillants que je décide de rester quelques jours. Bien que ce ne soit qu’un bref aperçu, c’est quand même très intéressant de vivre sur une ferme. Ils cultivent leurs propres légumes, élèvent leur poules, montons et vaches. Ils ont même 2 chameaux à l’arrière pour ceux qui voudraient les prendre en photos dans les montagnes. Ils travaillent tous dur et sont visiblement bien en forme.

La visibilité n’est pas à sont meilleure lors de la deuxième et troisième journée à cause de tempêtes de sables. En fait ça ressemble d’avantage à de la brume que du sable. Ayant donc un peu de temps à tuer, je passe mes après-midis à essayer, malgré eux, de leur donné un coup de mains ce qui les fait rire un peu. « On » construit un genre de lavabo multiple dans la cour intérieur avec des briques et du ciment.


Ils parlent un Chinois local qui m’est à peu près incompréhensible. Le garçon de la famille ne baragouine que quelques très rares mots en anglais. L’expérience de voyager seul est une excellente occasion de me pratiquer et de garder le tout en mémoire vive si on peu dire. Sans vouloir trop m’en faire à croire, puisque de toute évidence je suis encore très limité, je réalise que mes cours ont portés fruit. Je m’encourage de voir que j’arrive à me faire comprendre assez souvent. La communication n’est jamais facile mais bon, je me surprends quand même un peu puisque elle est néanmoins possible.